Mots de l'artiste

La poya d'origine Suisse signifie, semble t'il, 'emmontagner'. C'est une peinture narrative donnant moult informations sur la transhumance. Peinte par les bergers pour leur métayer, elle est souvent puérile enfantile.
Commandeé par le propriétaire terrien à un peintre comme Pidoux ; elle est naïve
Le cheptel  ainsi figé pour la postérité; en général sur un support familier souvent de bois.
 De ce fait une attention toute particulière est vouée aux poyas... Respect et superstition se mêlent. Le cadre parfois chargé d'images religieuses, de symboliques ou des couleurs de la famille (blason ou autres)  le souligne.En vue de conserver cette prospérité, on accroche ces tableaux au dessus des portes et des fenêtres à l'intérieur ou à l'extérieur selon la région .Pourquoi peindre des poyas en Haute-Savoie?
Que nos cousins suisses ne m'en tiennent pas rigueur, l'esprit des montagnes n'a pas de frontières.C'est essentiellement le côté narratif qui m'a inspiré, il correspond à l'expression désirée dans ma démarche.Au rythme de la vie de ces animaux, s'est forgée la personnalité de mes ancêtres qui résonne encore aujourd'hui à travers mes enfants.
Ce n'est pas seulement la nostalgie puérile mais plutôt le désir de mettre en valeur l'expression réelle de mes racines qui a orienté mon inspiration.
Reconnaître mes origines me permet d'accéder à une paix intérieure.Par le biais de photos, documents ou anecdotes, j'essaye de donner à mes poyas un caractère propre à mon terroir, c'est ainsi que mes vaches sont de race Abondance.La technique de peinture, une acrylique fine, dans un traité réaliste souligne la nonchalance, le volume pesant et le mouvement des animaux.
L'aspect naïf, propre à la poya, figure ici dans la réalisation de l'image comme les contes pour enfants chaleureux et respectueux.
Le support de bois est très important.
J'aime le bois, il est vivant et offre à l'œil la trace du temps , ses racines puisent leur essence au coeur de la vie .
La vache laisse ses empreintes.
Qu'elle soit sacrée, passive, alimentaire, folle ou rieuse, elle demeure le reflet de notre société.

 

Christine POLLIER